Posted in Blog 2010 FR on Février 02, 2010 by Administrator
Difficile de bloguer le jour des sélections - défi permanent au calme et au repos -, on le sait depuis l'année dernière... Une fois n'est pas coutume, c'est à mi-chemin entre les sélections et la finale qu'on rédige cet ultime billet de la semaine. A distance de la tempête des résultats de samedi et encore loin de celle qui ne manquera pas de se produire ce soir... Une légère entorse au principe du direct...
Hier donc, sur la scène du Théâtre de Beaulieu, les candidats ont tous eu droit à leur petit quart d'heure de gloire... Un peu moins tout de même si l'on additionne la durée des deux variations imposées, mais seule la symbolique importe ici... Matinée consacrée aux plus jeunes, après-midi pour les plus âgés, deux filles, un garçon le matin, deux garçons, une fille l'après-midi, la variation classique d'abord, sur fond bleu, la variation contemporaine ensuite, sur fond rouge-orangé, voilà pour le détail suisse de cette longue journée, conclue par le cérémonial de la proclamation des résultats donnés, comme prévus, à 20h pile. Précédé des habituelles annonces faites dans diverses langues, sans doute un supplice interminable pour tous les candidats...
Coppélia, les Ombres de La Bayadère (de préférence la troisième), la variation de La Fille mal gardée, on l'a déjà dit, se taillent la part du lion chez les 15/16 ans, tandis qu'Aurore, Kitri, Désiré, Albrecht et surtout James, rare ces derniers temps, sont plébiscités chez les 17/18 ans. 2010 est une année danoise, on le sait, Frank Andersen est le président du jury, mais au-delà, réjouissons-nous de ce choix accidentel : voilà de la vraie technique qui ne ment pas, où l'esbrouffe et le clinquant ne pourront jamais suffire à pallier les insuffisances...
Découverte, après un petit aperçu lors des répétitions, des variations dites « contemporaines » de Cathy Marston et Christopher Wheeldon... Deux styles chorégraphiques bien différents, très terrestre et même terrien pour la première, lorgnant plutôt franchement du côté du néo-classique pour le second... On a beau faire connaissance avec ce répertoire, on reste toutefois un peu perplexe, à vrai dire, face à nombre de prestations, toutes variations confondues. De jolis pieds, de jolies mains, de jolis bras, mais est-ce là la question?... Ceux qui parviennent à s'emparer vraiment de cette nouvelle gestuelle, en l'investissant d'une signification et d'une vie, n'en ressortent alors que plus brillamment au sein de la compétition... Un peu à l'image de l'ensemble de ces sélections d'ailleurs : pas vraiment de milieu cette année, les abonnés pour la finale ne devraient pas être trop difficiles à trouver... avec quand même beaucoup de garçons dans la balance...
Pour terminer, la petite image du jour : à l'arrière-scène, une étoile du Royal Ballet, Edward Watson, s'échauffe à la barre, tout habillé de blanc... Demain, durant le spectacle d'entracte, il doit danser avec Leanne Benjamin le pas de deux de Manon, de Kenneth MacMillan. A propos, Leanne Benjamin a remporté le Prix de Lausanne en 1981... On compte les années et ça donne un peu le vertige... Durant la longue attente des résultats, des moniteurs installés un peu partout nous renvoient les images de leur répétition filmée sur la scène. Histoire de rappeler à tous que le concours n'est qu'une étape, la première...
Posted in Blog 2010 EN on Janvier 30, 2010 by Administrator
As I write we’re awash with weddings. Kitri, Aurora, James and Désiré are all celebrating matrimonials at regular intervals. The juniors had their turn to shine in the spotlight earlier today and now it’s the turn of the seniors.
One has to wonder what Bournonville exponent and President of the Jury, Frank Andersen, must be thinking as the twenty-third James of the afternoon launches into his solo from La Sylphide?
The backstage area is alive with whooping, hollering and applause. Those not dancing avidly follow the progress of those on stage via video relay. There are two or three monitors strategically placed around the warm-up area.
Sometimes the marriage doesn't work out -- the story dies on the vine, despite multiple attempts to breathe life into it. This sadly will be the case later today, for even with the best will in the world, not everyone will go forward to tomorrow’s final round. For those dancers not selected, the Prix offers a series of classes to which they can be seen by those school and company directors here in Lausanne. Following these classes, we arrange meetings for those dancers whom directors of our partner institutions have expressed interest. This is our sixth year of offering this Networking Forum and to date, 70 students have been offered places at partner schools or companies as a result.
More and more guests are arriving by the minute. Possibly they’d received hard-won invitations to share in the marriage celebrations? Amongst the glitterati, today saw the arrival of Rachel Moore (Executive Director, American Ballet Theatre), Lindsay Fisher (Artistic Director YOU Dance/Ballet Master, National Ballet of Canada) and Nina Ananiashvili (Artistic Director, the State Ballet of Georgia). The “superstar ballerina” is as gracious and effervescent as ever. Nina remains the physical embodiment of all that is exquisite in our art form.
In the basement studio Leanne Benjamin and Edward Watson, guest artists from London’s Royal Ballet, are rehearsing the pas de deux from Kenneth MacMillan’s Manon in readiness for tomorrow’s entr’acte performance.
I will close now for one of my former students, Bryan Chan (who is successfully leading his career with Zurich Ballet), is coming to Lausanne to see me in a little while. I have to hope that there’ll be time amid the frenetic tumult of tomorrow to update you. However, if this doesn’t transpire, do please enjoy the live transmission of the finals on the web at www.prixdelausanne-live.com
C u all next year!
Posted in Blog 2010 FR on Janvier 29, 2010 by Administrator
Derniers préparatifs
En cette ultime journée de préparation, l'atmosphère devient fébrile à l'arrière-scène du théâtre de Beaulieu... Entre échauffement intense et attente inquiète, on sent chez les candidats la fatigue poindre autant que l'excitation se répandre, les larmes retenues des uns se mêler aux sourires de joie des autres... Certains préfèrent encore dissimuler leurs émotions, ne révélant rien, se réservant sans doute pour la suite... On jette un coup d'oeil à l'ordinateur et aux photos du jour - histoire de se détendre un peu -, avant de pénétrer dans la gueule du lion, sur la scène ou dans un studio, pour l'avant-dernier réglage auprès des répétiteurs... Les costumes rutilants commencent à se déployer, les familles de se regrouper, les photographes et les journalistes d'affluer... Pas de répit du côté de la salle de presse, qui retentit sans cesse de sonneries de téléphone : certains exigent déjà le nom du gagnant, se réservant l'interview par avance... Mais trêve de choses vues et entendues : demain, on le sait, c'est le grand jour, celui où chacun pourra vivre son quart-d'heure de gloire!...
Plus concrètement, la journée a commencé tôt pour tout le monde. Première barre à 8h pour les garçons. Dès 9h15 débutent sur scène les répétitions des variations contemporaines. Les candidats sont regroupés en fonction de leur choix de variation, répétant tous ensemble une première fois avant de livrer individuellement leur prestation, sous l'oeil attentif de la chorégraphe, bloc-notes à la main. Cathy Marston est là pour corriger les erreurs et donner du sens à une gestuelle abstraite, parfois désincarnée pour des adolescents. Pénétrer la musicalité de l'oeuvre, fixer la trajectoire d'un mouvement, soutenir l'impulsion d'un geste. L'après-midi, c'est le tour de Christopher Wheeldon représenté à Lausanne par Jackie Barrett. A cette heure, Stravinsky résonne encore dans le théâtre... Pour sûr, ça nous change de Minkus.
Du côté du classique, Viviana Durante transforme le grand studio, à la mezzanine noire de monde, en un sanctuaire irréel où l'on ose à peine murmurer un mot à son voisin. Prière de ne pas déranger les artistes au travail! En bas, la répétitrice chuchote aux candidates ses corrections pour elles seules, dans un langage mystérieux que ses gestes hautement dramatiques rendent pourtant très lisible.
Vivement demain!
Posted in Blog 2010 EN on Janvier 29, 2010 by Administrator
There is less to report today as everyone is frantically readying themselves for tomorrow’s marathon. On stage, each candidate will present their classical variation, followed by the contemporary pieces. This will take us from 9.45am until 6.30pm. After which, the jury will deliberate. The list of those progressing to the final round is available two hours later.
Saturday is always the hardest day of the competition for it is not only lengthy but emotionally draining. Note to self: Bring plenty of tissues.
Cathy Marston is with us today for the first time. What a rare privilege it is for the candidates to receive coaching and advice from a choreographer of such renown.
STOP PRESS. Our youtube channel is the 31st most viewed channel in the world right now (that translates as more than 50,000 views in one day!).
Just wait until the recording of the final round is made available on Monday. I swear we’ll present Avatar with a challenge for audience figures!
Posted in Blog 2010 FR on Janvier 28, 2010 by Administrator
Au troisième jour du Prix, la neige tombe sur Lausanne. Sur les hauteurs de la ville, le Théâtre de Beaulieu ressemble à présent à un sanctuaire. Une sorte de camp retranché, protégé du froid, lumineux, ignorant de la rumeur extérieure et des ennuis du monde. Une petite société s'est recréée ici, vivant de sa vie propre, travaillant, riant, souffrant à son rythme. Pour les candidats, l'effort trouve enfin à s'incarner sur scène. Le filage des variations classiques leur a permis hier de s'accoutumer à la scène en pente et de trouver le placement adéquat. Aujourd'hui, le travail gagne en profondeur grâce aux répétiteurs qui viennent leur apporter corrections et conseils personnalisés. Toute la journée, le théâtre retentit des musiques de Minkus, d'Adam ou de Tchaïkovsky, rejouées jusqu'à la nausée à grand renfort de haut-parleurs. Et pendant ce temps-là, le jury de M. Andersen travaille lui aussi... Dans le grand studio, on évalue le cours de contemporain...
Entrée en scène ce matin des garçons de 17/18 ans, pris en main par Patrick Armand, cette fois en tant que répétiteur. Au hit-parade des variations : Basilio encore et toujours - avec des résultats plus ou moins heureux lors de ces répétitions -, mais aussi Albrecht, et surtout James... Les candidats de l'édition 2009 l'avaient presque oublié, on ne pourra que se réjouir d'un retour en force de la technique romantique, a fortiori en cette année danoise... La variation de Bournonville, d'une complexité vraiment dansante, réserve du reste quelques jolies surprises en termes de prestations... On est loin des exploits circassiens des Corsaire de théâtre, mais on y apprécie d'autant plus le travail de précision tout en finesse et en musicalité qu'elle exige. Au rayon des corrections, pas de pitié pour les imprécisions techniques ou le défaut de propreté dans le mouvement : Patrick Armand se montre d'une rigueur extrême, notamment pour le placement dans les sauts ou les tours – soumis parfois à rude épreuve -, n'hésitant pas à faire reprendre aux candidats partie ou totalité de leur variation.
Séance de répétition pour toutes les filles, regroupées encore par tranche d'âge, tout de suite après le déjeuner. Viviana Durante, l'ancienne étoile italienne du Royal Ballet, fait son entrée dans la compétition lausannoise, succédant à Monique Loudières au poste de répétitrice. Coppélia et la troisième Ombre toujours plébiscitées chez les plus jeunes, et, petite nouveauté de l'année, gros succès d'Aurore chez les plus âgées, en marge des Kitri et autres Gamzatti... Peut-être les candidates savent-elles que Viviana a justement été filmée jadis dans La Belle au bois dormant... Les corrections sont d'ordre technique bien sûr, mais plus encore stylistique. Et à vrai dire, la variation de Giselle, notamment, en a parfois bien besoin... Plus de simplicité dans le geste, moins de maniérismes dans les bras ou les mains, des levers de jambe moins spectaculaires... Le professeur a l'oeil exercé et la correction sereine, mais impitoyable... Parfois, l'on se dit aussi que telle ou telle candidate, au-delà de ses évidentes qualités professionnelles, n'a pas toujours su choisir la variation la plus conforme à son tempérament et à ses dons.
Au fait, et les variations contemporaines?... Le classique, c'est bien, mais quid de Cathy Marston et Christopher Wheeldon, les nouveaux chorégraphes du Prix de Lausanne?... Eh bien, le mystère sera levé dès demain...
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