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Historique du Prix de LausanneTout a commencé à prendre forme, non pas au bord du Léman, mais au bord d’une piscine cannoise, au printemps 1972. Là, Philippe Braunschweig, son épouse Elvire, et Rosella Hightower s’enflamment: ils vont lancer, l’année suivante, pour la première fois un concours pour jeunes danseurs.Comment doit-il se dérouler? Qui composera le jury? Dans quelles conditions un jeune danseur peut-il s’inscrire?Le débat est animé, riche et fertile. Maurice Béjart et Rosella Hightower soutiennent déjà le projet. Aux lauréats du futur concours, ils sont prêts à offrir chacun une bourse dans leur école, soit un an de cours à Mudra Bruxelles ou au Centre international de danse de Cannes. Mais pour que l’événement soit crédible, il lui faut une troisième référence sérieuse. Naissance du PrixL’été de la même année, Philippe Braunschweig se rend à Londres afin de demander le soutien d’une école prestigieuse: la Royal Ballet School. La rencontre avec Michael Wood, alors directeur de la Royal Ballet School, est décisive. «Il restera l’homme le plus important de ma vie, raconte Philippe Braunschweig. Sans lui, je ne sais pas si le Prix existerait». Désireux de rencontrer des représentants de la danse en Europe continentale, Michael Wood accepte de participer au Prix naissant, accorde une bourse à son tour et délègue Barbara Fewster, directrice de la danse, comme membre du jury.Si cette année-là Philippe Braunschweig est déterminé à lancer ce Prix de Lausanne, c’est qu’il a accepté – à la demande de Manuel Roth, alors directeur du Théâtre municipal de Lausanne – la présidence de la Fondation en faveur de l’art chorégraphique. Avec une idée en tête: ne pas seulement programmer des spectacles de danse dans le chef-lieu vaudois, mais créer un événement au service de la danse. Le concept, la structure, les soutiens sont prêts. L’aventure commence, les soucis aussi. Avant même son baptême du feu, d’aucuns tentent de mettre des bâtons dans les roues du concours. Jalousies et méfiances chahutent sa préparation. Quelqu’un ira même jusqu’à déverser des tracts lors d’une finale quelques années plus tard. Mais le premier Prix a lieu, comme prévu, au Théâtre municipal de Lausanne du 19 au 21 janvier 1973. La salle est comble, Rosella Hightower préside le jury avec succès. Deux bourses sont offertes avec 5000 francs en espèces. L’année suivante, tout ne va pas pour le mieux: le Théâtre municipal s’avère trop petit, le jury ne dispose pas de critères de sélection clairs, le public s’impatiente en attendant les résultats de la finale… «J’ai eu alors l’impression qu’on y arriverait jamais», se rappelle Philippe Braunschweig. Les bases de la fondationEn 1975, le défi est relevé: le prix trouve son rythme, affirme son identité, prend de l’envergure. Cette année-là, le concours se déroule au Théâtre de Beaulieu à l’initiative de Marc-Antoine Muret. Un système de notation efficace est introduit pour le jury qui passe de sept à onze membres, aux bourses s’ajoutent plusieurs prix (le prix du meilleur Suisse et le prix de la meilleure chorégraphie personnelle).Les années qui suivent, le Prix de Lausanne commence à s’imposer dans le monde de la danse. Grâce à sa ligne artistique rigoureuse, exigée par les membres du jury et insufflée par Elvire Braunschweig, grâce aussi au sérieux de son organisation. Les premières innovationsPlusieurs innovations se succèdent. Le concours connaît très vite un public sans frontières: dès 1974, la Télévision suisse romande retransmet chaque année la finale et l’offre en Eurovision. A sa suite, NHK, la chaîne de télévision japonaise, diffuse aussi l’événement au pays du Soleil Levant.Le Prix n’aura dès lors qu’un souci: tenir compte de la diversité des candidats (formation et origine) et s’adapter sans cesse à l’évolution de la danse. Certains danseurs présentent, par exemple, suffisamment de qualités pour entrer immédiatement dans la vie professionnelle. Un prix professionnel est donc instauré en 1980. Il s’avère que le répertoire des compagnies de danse utilise de plus en plus le langage contemporain. Une leçon de danse contemporaine est alors introduite dans les épreuves éliminatoires dès 1984. Deux ans plus tard, pour des raisons d’équité et afin de donner autant de chances aux candidats des petites écoles privées qu’à ceux formés dans de grandes institutions, une distinction entre les élèves est clairement définie. Et le règlement exige qu’un tiers des candidats de la demi-finale et de la finale proviennent d’écoles privées. Une renommée internationaleDes chorégraphes de renom comme John Neumeier et Heinz Spoerli acceptent de participer régulièrement au concours en tant que membre ou président du jury.La renommée grandissante du Prix ainsi que sa réputation lui permettent d’organiser par ailleurs quatre soirées prestigieuses: en 1977 «Les enfants de la rue du Théâtre», sous le patronage de la Princesse Grace de Monaco, en 1980 un gala Maurice Béjart, en 1982 un gala Rosella Hightower et en 1984 un gala John Neumeier. Par ailleurs, la princesse Caroline de Monaco honore de sa présence le 20ème Prix alors que le prince Takamado du Japon participe au concours en 1996 en tant qu’hôte d’honneur. Au fil des ans, le Prix prend de l’ampleur dans tous les domaines. Le nombre des candidats augmente à chaque édition: ils sont une trentaine en 1973, plus de cent 25 ans plus tard. Les grandes écoles boursières se comptent sur les doigts d’une main la première année, elles sont aujourd’hui 67. Enfin, la Ville de Lausanne et ses syndics (Georges-André Chevallaz, Jean-Pascal Delamuraz, Paul-René Martin et Yvette Jaggi) ne cessent de soutenir l’événement. New York, Tokyo, Moscou: du rêve à la réalité«Nous voulions renforcer l’image internationale du Prix. Pour cela, il fallait l’expatrier». New York en 1985, Tokyo en 1989 et Moscou en 1995: en dix ans, le concours a vécu trois grands voyages. Avec, à chaque fois, une même formule: l’organisation d’éliminatoires pour la demi-finale à Lausanne pour les candidats d’Europe, parallèlement aux éliminatoires dans les pays où se déroule le concours.Le voyage commence le jour où Harvey Lichtenstein, directeur de la Brooklyn Academy of Music à New York, ouvre les portes de son théâtre au concours. Le «New York Times» consacre un important article à ce Prix venu de Suisse, le public est au rendez-vous. Restent quelques sueurs froides dues aux difficultés inhérentes à cette ville immense. Et une anecdote: le chauffeur du car des finalistes, retardé par une sieste, arrive à la finale au dernier moment… Pour Tokyo en 1989, Philippe Braunschweig a d’autres objectifs. Il se rend chaque année depuis 1956 au Japon et y a créé un bureau du Prix de Lausanne avec Hiroko Yamada en 1980. Les jeunes artistes qui se consacrent aux arts influencés par l’Occident, tels que la danse, ont une situation très défavorable au Japon. La venue du Prix de Lausanne à Tokyo devra permettre aux journaux japonais de mettre en évidence cette situation difficile. Les problèmes de communication avec une autre civilisation obligent les organisateurs à une préparation longue et minutieuse. C’est ainsi que Hiroko Yamada consacrera deux ans à plein temps à la réalisation de ce Prix de Lausanne. L’organisation du Prix de Moscou ressemble, elle, à une mission impossible. Le Théâtre du Bolchoï évoque l’histoire de la danse avec sa scène légendaire et ses grands interprètes. Avant la chute du mur de Berlin, le Prix de Lausanne, institution privée, ne pouvait accueillir les candidats soviétiques. Dès 1992, Philippe et Elvire Braunschweig tentent de renouer des liens avec la danse russe. La méfiance des écoles de danse russes à l’égard du monde occidental rend la tâche difficile. Pour faire comprendre la réalité du Prix de Lausanne et le potentiel qu’il peut offrir aux jeunes talents des pays de l’Est, l’organisation du concours à Moscou, soutenue par la presse russe, est essentielle. Pendant les douze mois qui précèdent le Prix, un représentant se rend chaque mois à Moscou pour contrôler les préparatifs. Le manque de cohérence de l’organisation russe rend cette mission extrêmement problématique. C’est grâce à la ténacité de Philippe et Elvire Braunschweig et à l’efficacité de Patricia Leryoy, secrétaire générale du Prix, que le projet peut se concrétiser. En particulier grâce à Elvire qui, d’origine russe, est parfaitement bilingue. Les aller et retour entre Moscou et Lausanne permettent de réaliser l’irréalisable. Moscou restera gravé dans les mémoires comme l’étape la plus difficile du Prix de Lausanne. 25ème anniversaire et colloqueLors du 25ème anniversaire du Prix de Lausanne, où Rosella Hightower était l’invitée d'honneur, un colloque international sur la danse classique a été organisé avec comme thème : "Quel futur pour la danse classique ? ", partant du principe que la danse classique est un art vivant et fondamental - très vivant et avec une présence forte et positive dans le monde de l'éducation professionnelle de la danse, et que la formation classique est un élément essentiel pour garder l'art du spectacle de la danse au plus haut niveau.À l'issue de cette 25ème édition, Philippe Braunschweig a annoncé sa décision d’abandonner la présidence de la " Fondation en faveur de l’art chorégraphique" et de laisser la place à une nouvelle équipe de direction, composée de cinq membres : Franz Blankart, président ; Charles Gebhard et Antoine Hoefliger, vice-présidents ; Patricia Leroy, sécrétaire générale et Jan Nuyts, directeur artistique. Nouvelle orientationDès 1998, le Prix de Lausanne a adopté une nouvelle orientation, caractérisée par l’augmentation de l'aspect pédagogique du concours et une plus grande ouverture sur la danse contemporaine. Dès lors, les candidats devaient présenter trois variations au lieu de deux (classique, contemporaine, libre). La semaine du concours a été prolongée d’un jour et demi. On a éliminé les prix en espèces et des bourses d'apprentissage avec les compagnies de danse internationales ont été ajoutées.Le Prix de Lausanne donne la possibilité aux candidats de suivre des cours pendant la semaine du concours et facilite l’entrée dans la carrière professionnelle à de jeunes danseurs de talent. Depuis 1999, les candidats ont l’occasion de présenter leur variation classique devant une étoile de la danse qui essaye de développer le côté expressif de leur rôle, alors que jusque là, la priorité était le côté technique. Dans le même état d’esprit, ils peuvent également danser leur variation contemporaine sous l’œil des chorégraphes qui ont créé ces variations spécifiquement pour le Prix de Lausanne. Les candidats non sélectionnés pour la finale peuvent prendre des leçons avec les professeurs officiels du Prix de Lausanne, qui les aident à examiner leur aptitude à devenir des danseurs professionnels. Afin de développer sa fonction de véritable "forum" pour le monde de danse, le Prix de Lausanne a augmenté le nombre de réunions entre les professionnels de la danse : professeurs, directeurs de compagnie, étoiles, etc. Le Prix de Lausanne continue à progresser. Les responsables du Prix de Lausanne se sont fixé plusieurs missions : ils souhaitent développer la philosophie du concours tout en tenant compte des changements dans la carrière des danseurs ; ils souhaitent que le Prix de Lausanne soit le meilleur concours au niveau de l’enseignement et de la santé. Prix• Trois ou quatre "Bourses d’études" dans une école de danse prestigieuse (écolage + frais)• Trois ou quatre "Bourses d’apprentissage", réservées aux candidats âgés de 17 ans au minimum, dans une grande compagnie internationale (écolage + frais) • "Prix du Meilleur Suisse" accordé au meilleur finaliste suisse ou à un finaliste qui n’est pas suisse mais qui vit en Suisse ou suit une école en Suisse depuis au moins 3 ans • "Prix d’interprétation contemporaine" qui récompense le finaliste qui a montré le plus de potentiel pour la danse contemporaine lors de la finale. Il consiste en un stage de danse contemporaine auprès d’une grande école, tous frais payés. |




Le Cercle des Amis du Prix de Lausanne est constitué de membres donateurs voulant exprimer par leur participation financière leur soutien aux objectifs et à la philosophie du Prix de Lausanne...


